Sexualité et charge mentale : pourquoi je n’ai pas envie, et c’est pas (que) hormonal
Introduction “J’ai pas la tête à ça.”C’est une phrase qu’on dit, qu’on entend, qu’on soupire. Et qui résume beaucoup. Pas envie de sexe. Pas envie d’être touché·e. Pas envie d’un truc en plus à gérer.Ce n’est pas du rejet, ni une perte de désir… c’est juste que le cerveau est déjà en surcharge. Et dans bien…
Introduction
“J’ai pas la tête à ça.”
C’est une phrase qu’on dit, qu’on entend, qu’on soupire. Et qui résume beaucoup.
Pas envie de sexe. Pas envie d’être touché·e. Pas envie d’un truc en plus à gérer.
Ce n’est pas du rejet, ni une perte de désir… c’est juste que le cerveau est déjà en surcharge.
Et dans bien des cas, ça n’a rien à voir avec une baisse hormonale ou une libido défaillante.
C’est une affaire de charge mentale. Et quand la tête est à saturation, le corps, lui aussi, met les freins.
La charge mentale, ou l’invisibilité d’un trop-plein
La charge mentale, c’est ce que chacun·e gère en coulisses :
penser à tout, organiser, anticiper, ajuster, porter émotionnellement, sans reconnaissance explicite.
C’est ce qui fait qu’on est toujours en train de penser à ce qui manque, à ce qui doit être fait, à ce qu’il ne faut pas oublier.
Dans beaucoup de couples, en particulier hétéros, la répartition des tâches reste déséquilibrée :
les femmes portent encore majoritairement la gestion du quotidien, des enfants, de l’intendance, des liens sociaux…
Mais la charge mentale ne s’arrête pas là :
- Dans un couple gay, lesbien, trans… l’asymétrie peut exister aussi.
- Et quiconque gère seul·e une sphère logistique ou affective, en couple ou en famille, connaît cette saturation silencieuse.
Le désir ne pousse pas dans le stress permanent
Désirer demande de la place.
De la disponibilité émotionnelle.
Parfois de la légèreté. Parfois de la lenteur.
Et surtout… du vide mental.
Mais si tu passes ta journée à penser pour deux (ou plus), à tout surveiller, à faire des listes mentales permanentes, alors le désir devient un luxe inaccessible.
Et ce n’est pas une panne. Ce n’est pas un dysfonctionnement.
C’est une forme de protection.
💬 “Je culpabilise de ne pas avoir envie, mais j’ai juste envie qu’on me lâche la grappe.”
💬 “Je m’en veux d’être distante, mais j’ai l’impression que le sexe serait encore une chose à faire correctement.”
Quelles pistes concrètes pour recréer de l’espace désirant ?
Faire un vrai état des lieux de la charge mentale
Qui pense à quoi ? Qui anticipe ? Qui porte quoi pour les autres ?
👉 Dans les couples, la sexualité ne peut s’épanouir que si les rôles domestiques et émotionnels sont partagés.
Pas égalité parfaite, mais conscience claire des charges de chacun·e.
Et si on posait à deux cette question simple :
“Qu’est-ce qui te fatigue que je ne vois pas ?”
Recréer des espaces inutiles
Le désir naît souvent de l’inattendu, du non-productif. Il a besoin d’espace mental pour germer.
Ce que ça demande ?
Du temps seul·e, des activités sans but, du rien du tout.
Pas pour “se préparer au sexe”, mais pour se reconnecter à soi.
Redéfinir l’intimité
Quand le désir n’est pas là, l’intimité peut rester vivante autrement :
- toucher sans objectif,
- mots doux sans attente,
- masturbation côte à côte,
- rituels d’attention mutuelle…
Le sexe ne commence pas toujours par l’envie.
Parfois, il commence par l’allègement.
Conclusion : Le désir, c’est pas une corvée en plus
La baisse de désir ne veut pas dire que “quelque chose ne va pas” en toi.
Parfois, ça veut juste dire : j’en fais déjà beaucoup. Trop. Et mon corps le sait.
Que tu sois une femme qui gère tout, un homme qui se sent seul dans l’organisation, ou un·e partenaire dans une autre configuration :
la charge mentale est une tueuse silencieuse de libido.
Mais elle n’est pas une fatalité.
Elle se partage, se nomme, se repense. Et quand elle s’allège… le désir revient souvent. Par surprise.
