Libido en berne ? Et si c’était ton antidépresseur, pas ton partenaire ?
Introduction Tu as moins envie. Moins de plaisir. Moins d’élan.Tu te poses des questions : est-ce moi ? est-ce mon couple ? est-ce mon orientation ? est-ce que j’ai un blocage ? Et si la réponse était ailleurs ? Dans ton ordonnance. Les traitements antidépresseurs, anxiolytiques et régulateurs d’humeur ont des effets secondaires réels, parfois…
Introduction
Tu as moins envie. Moins de plaisir. Moins d’élan.
Tu te poses des questions : est-ce moi ? est-ce mon couple ? est-ce mon orientation ? est-ce que j’ai un blocage ?
Et si la réponse était ailleurs ? Dans ton ordonnance.
Les traitements antidépresseurs, anxiolytiques et régulateurs d’humeur ont des effets secondaires réels, parfois puissants, sur la sexualité.
Et pourtant, on en parle très peu. Parce que ce n’est pas “prioritaire”. Parce que “le moral d’abord”.
Mais vivre sans désir, ce n’est pas neutre.
Et non, ce n’est pas dans ta tête.
Antidépresseurs et libido : que se passe-t-il vraiment ?
La majorité des traitements de type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) peuvent provoquer :
- une baisse de libido
- des difficultés d’excitation ou de lubrification
- un retard ou une absence d’orgasme
- une diminution des sensations
Pourquoi ? Parce que ces médicaments modifient la chimie du cerveau pour réguler l’humeur. Et au passage, ils touchent aux circuits du désir et du plaisir.
Tous les antidépresseurs n’ont pas le même impact, mais beaucoup agissent sur la dopamine, la noradrénaline ou la sérotonine, qui sont impliquées dans la réponse sexuelle.
Ce que tu peux faire (et ce que tu n’es pas obligé·e d’accepter)
Il n’est pas normal que ta santé mentale se paie systématiquement de ta vie sexuelle.
Voici quelques pistes possibles à discuter avec ton·ta médecin :
- changer de molécule (certains antidépresseurs ont moins d’effet sur la libido, comme la bupropion ou certains IRSN)
- ajuster le dosage, si les effets secondaires sont trop présents
- revenir à un traitement antérieur qui te convenait mieux
- ajouter un traitement complémentaire pour atténuer les effets secondaires
Aucun professionnel ne devrait minimiser ton ressenti.
Tu as le droit de dire que ta sexualité compte.
Ce n’est pas ton partenaire (ni toi) le problème
Beaucoup de personnes en traitement se mettent à douter :
- “je n’ai plus envie de lui / d’elle, est-ce que ça veut dire que je ne l’aime plus ?”
- “je ne mouille plus / je bande plus, est-ce que je suis en train de changer ?”
- “j’ai moins d’orgasmes, est-ce que je suis devenu·e insensible ?”
La réponse est souvent biologique, pas psychologique.
Ce n’est pas que tu ne veux plus.
C’est que ton cerveau et ton corps sont sous l’effet d’un filtre neurochimique.
Et parfois, le désir est là — mais il n’arrive pas à circuler.
Conclusion
Tu n’as pas à choisir entre ta santé mentale et ton droit au plaisir.
Oui, certains traitements sont nécessaires, vitaux, irremplaçables.
Mais leur impact sur la sexualité doit être pris au sérieux.
Parler d’effets secondaires sexuels, ce n’est pas capricieux.
C’est revendiquer que ta vie sexuelle a de la valeur. Même quand tu vas mal.
Et que ce n’est pas une option de rester éteint·e, sans comprendre pourquoi.
