Sexualité et menstruations : tabou, galère ou plaisir alternatif ?
Introduction Faire l’amour pendant les règles, c’est souvent vu comme “crade”, “bizarre”, ou “à éviter”.Et pourtant, beaucoup de personnes menstruées ont plus de désir à ce moment-là, une lubrification naturelle accrue, et des sensations plus intenses.Alors pourquoi tant de silence, de gêne, voire de rejet autour de cette question ? Spoiler : ce n’est ni une…
Introduction
Faire l’amour pendant les règles, c’est souvent vu comme “crade”, “bizarre”, ou “à éviter”.
Et pourtant, beaucoup de personnes menstruées ont plus de désir à ce moment-là, une lubrification naturelle accrue, et des sensations plus intenses.
Alors pourquoi tant de silence, de gêne, voire de rejet autour de cette question ?
Spoiler : ce n’est ni une obligation, ni une interdiction. C’est une option parmi d’autres, qui mérite d’être envisagée sans mythe, sans dégoût, et sans pression.
Ce que dit la recherche : hormones, plaisir et réalités
- Pendant les règles, l’utérus se contracte : l’orgasme peut soulager les crampes menstruelles (Smith et al., 2021)
- Le taux d’œstrogènes chute, puis remonte doucement : certaines personnes ressentent un pic de libido dès la fin du flux ou même pendant
- La vascularisation est accrue : les sensations peuvent être plus intenses, en particulier au niveau du clitoris et du vagin
- Aucune étude ne démontre que le sexe menstruel est “sale” ou “mauvais” — sauf en cas d’inconfort personnel ou d’infection active
Le plaisir pendant les règles n’est pas une bizarrerie : c’est une réalité biologique fréquente.
Les principaux freins (culturels et psychologiques)
| Frein | Réalité |
|---|---|
| “C’est sale” | Le sang menstruel est un fluide naturel, ni toxique ni dangereux |
| “Je vais en mettre partout” | Avec un drap foncé, une serviette, ou sous la douche, tout va bien |
| “Il/elle ne va pas vouloir” | Parler d’abord. Ne pas supposer à la place de l’autre |
| “Ça fait mal” | Ce n’est pas automatique. Avec lubrifiant, douceur et écoute : aucun souci |
| “C’est interdit” | Il n’y a aucune interdiction médicale ou morale universelle. C’est une question de choix personnel. |
Pourquoi certaines personnes adorent ça
- Désir accru, fantasme d’interdit, sensations amplifiées
- Connexion émotionnelle plus forte (moment de vulnérabilité partagée)
- Plaisir mental + physique du “fuck le tabou”
- Orgasmes qui soulagent les douleurs (effet prouvé sur les crampes utérines)
Et parfois, c’est juste une question pratique : on n’a pas envie d’attendre 5 jours pour retrouver le contact charnel.
Comment le vivre en pratique : options et astuces
🔹 1. En parler avant
“Est-ce que ça te pose un souci si on se touche pendant mes règles ?”
“On peut essayer, et s’arrêter si ça ne nous va pas ?”
L’anticipation évite la gêne au moment M.
🔹 2. Préparer le terrain
- Serviette noire ou drap dédié
- Sous-vêtements ouverts ou sans fond
- Lumière tamisée
- Préservatif foncé ou transparent selon les préférences
🔹 3. Choisir le bon moment
Début du cycle : flux plus important → préférez des jeux externes, ou sous la douche
Fin du cycle : flux plus léger → pénétration possible, sensations souvent plus agréables
🔹 4. Privilégier certaines pratiques
- Cunnilingus : possible si OK des deux + hygiène + consentement clair
- Doigts et sextoys : bien laver avant/après, surtout si changement de zone
- Massage, frottements, stimulation clitoridienne : sans pénétration = moins de flux visible
Produits utiles
| Produit | Utilité | Pourquoi c’est utile |
|---|---|---|
| Serviette noire étanche | Protéger le lit | Rassurant et confortable |
| Sextoy clitoridien externe | Stimulation sans pénétration | Moins de flux, plus de plaisir ciblé |
| Préservatifs foncés / colorés | Contraste moins visible | Peut rassurer visuellement |
| Gants en latex fins | Jeux manuels hygiéniques | À usage unique, très sensoriels |
| Culotte menstruelle fendue | Maintien + accès | Pour jouer sans se déshabiller totalement |
Si on ne veut pas ? C’est OK.
Ce n’est ni une norme, ni une preuve d’ouverture d’esprit, ni un devoir conjugal.
Ce n’est pas “sale” d’aimer ça, mais ce n’est pas “prude” de ne pas en avoir envie.
Le plus important ? En parler, en rire, explorer, ou laisser passer. Et revenir une autre fois si l’envie change.

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