Faire l’amour : 10 choses qu’on aurait aimé savoir (et que personne ne dit)
Personne ne nous apprend vraiment à faire l’amour. On nous montre des images, on entend des rumeurs, on découvre des films qu’on n’aurait pas dû voir trop tôt. Et puis un jour, on se retrouve dans un lit avec quelqu’un et on improvise. Cet article rassemble 10 vérités honnêtes qu’on aurait aimé qu’on nous dise…
Personne ne nous apprend vraiment à faire l’amour. On nous montre des images, on entend des rumeurs, on découvre des films qu’on n’aurait pas dû voir trop tôt. Et puis un jour, on se retrouve dans un lit avec quelqu’un et on improvise. Cet article rassemble 10 vérités honnêtes qu’on aurait aimé qu’on nous dise plus tôt — pour faire l’amour plus librement, plus doucement, plus à soi.
Les 10 choses à retenir
- Tu n’es pas obligé·e d’avoir envie tout le temps.
- La pénétration n’est pas l’aboutissement obligatoire d’un rapport.
- Le silence est ok. Les bruits aussi.
- Les odeurs et les goûts du corps sont normaux.
- La lubrification n’est pas un thermomètre du désir.
- L’orgasme n’est pas le but obligatoire.
- Les rapports peuvent être courts (et c’est très bien).
- Le porno n’est pas un manuel.
- La communication compte autant que la « technique ».
- Tu peux changer d’avis à tout moment.
1. Tu n’es pas obligé·e d’avoir envie tout le temps
Voici une des fausses idées les plus toxiques qu’on intériorise : « si tu es en couple, tu dois avoir envie. » « Si tu es jeune, tu dois être en feu. » « Si tu aimes ton·ta partenaire, ton corps suit forcément. »
Non. Le désir varie. Selon la fatigue, le stress, les hormones, le cycle menstruel, l’humeur, le contexte. Il peut être absent pendant des semaines, voire des mois, sans que ça veuille rien dire sur ta relation ou sur toi.
Le désir spontané (celui qui surgit sans raison) est plus rare qu’on le croit. Le désir responsif (celui qui apparaît une fois qu’on s’est mis dans l’ambiance) est en réalité plus fréquent. Si tu attends d’avoir « envie d’un coup », tu vas attendre longtemps. Beaucoup de gens découvrent que parfois, ça commence sans envie, et que l’envie vient ensuite. C’est ok aussi.
Mais surtout : tu n’as jamais à faire l’amour par obligation. Ni envers un·e partenaire, ni envers une idée que tu te fais de toi-même.
2. La pénétration n’est pas le centre du monde
Dans l’imaginaire dominant, « faire l’amour » = pénétration. Tout ce qui vient avant serait « préliminaire », donc accessoire. Tout ce qui vient après serait « post-coïtum », donc fini.
C’est une définition très étroite, héritée d’une vision hétéro-centrée et reproductive de la sexualité. Concrètement :
- Beaucoup de couples ont des rapports sans pénétration et trouvent ça tout à fait épanouissant.
- La majorité des personnes à vulve n’ont pas d’orgasme par la seule pénétration vaginale.
- Les couples lesbiens, gays, ou les personnes qui pratiquent la sexualité solo redéfinissent depuis longtemps ce que veut dire « faire l’amour ».
- Caresses, baisers, masturbation mutuelle, sexe oral — tout ça est faire l’amour, ce n’est pas un échauffement.
Déconstruire cette hiérarchie change complètement la façon dont on vit ses rapports. Soudain, « ne pas conclure » n’est plus un échec. C’est juste une autre façon d’être ensemble.
3. Le silence est ok. Les bruits aussi.
Le porno mainstream a installé une idée bizarre : pendant un rapport, il faudrait gémir, crier, dire des phrases. Sinon ce serait « froid » ou « raté ».
Dans la vraie vie, les rapports peuvent être :
- Silencieux. Juste de la respiration. C’est intense et beau.
- Bruyants. Gémissements involontaires, soupirs, rires. C’est libérateur.
- Verbalisés. On se parle, on commente, on se guide. C’est intime.
- Un mix selon les moments.
Aucune option n’est meilleure que les autres. Si ton corps ne produit pas de sons, ne te force pas. Faire semblant de gémir parce que « ça se fait » est épuisant et vide. Si à l’inverse tes sons sortent naturellement, ne les retiens pas par pudeur. Ton·ta partenaire les aimera probablement.
4. Les odeurs et goûts du corps, c’est normal
Le corps humain a des odeurs et des goûts. Le sexe accentue ces sensations. C’est physiologique, normal, et même biologiquement utile (l’olfaction joue un rôle dans l’attirance).
Pourtant, beaucoup s’en angoissent au point de saboter leurs rapports. Quelques vérités :
- Une vulve a une odeur. Cette odeur change selon le cycle, l’alimentation, l’hydratation. Aucune ne sent comme « rien ». Et c’est très bien.
- Le sperme a un goût et une odeur particulière, influencés par l’alimentation. Pas désagréable pour qui aime son·sa partenaire.
- La transpiration pendant le sexe est inévitable et même attirante (les phéromones, vraies ou supposées).
- Si tu utilises des produits intimes parfumés « pour masquer », tu déséquilibres ta flore et tu rends paradoxalement les choses pires.
Une douche douce avant, oui. Une obsession de la « neutralité olfactive », non. Si ton·ta partenaire est attiré·e par toi, ton odeur naturelle ne le·la dérangera pas — au contraire. Et inversement.
5. La lubrification n’est pas un thermomètre du désir
Idée reçue tenace : « si tu n’es pas mouillée, c’est que tu n’as pas envie. » Faux.
La lubrification dépend de plein de facteurs qui n’ont rien à voir avec le désir :
- Les hormones : le taux d’œstrogènes varie au cours du cycle, modifiant la lubrification.
- L’hydratation : un corps déshydraté lubrifie moins, point.
- Les contraceptifs hormonaux peuvent réduire la lubrification.
- Le stress bloque les mécanismes de lubrification, même quand l’envie est là.
- La ménopause ou la péri-ménopause diminuent la lubrification naturelle.
- Certains médicaments (antihistaminiques, antidépresseurs).
Tu peux avoir très envie et être sèche. Tu peux être mouillée sans avoir d’envie particulière (les muqueuses produisent du fluide en réponse à la stimulation mécanique, indépendamment du désir psychique).
La solution : le lubrifiant. À base d’eau, simple, sans parfum. Ce n’est pas tricher, ce n’est pas un aveu d’échec. C’est juste un outil pratique. Tous les sexologues le recommandent.
6. L’orgasme n’est pas le but obligatoire
Cette obsession de « l’orgasme à tout prix » est probablement ce qui empêche le plus de gens d’avoir du plaisir. Paradoxe étrange : plus tu cherches l’orgasme, plus il fuit.
Beaucoup de rapports peuvent être profondément satisfaisants sans orgasme :
- Tu peux avoir du plaisir continu sans pic final.
- Tu peux te sentir connectée sans déclencher d’orgasme.
- Tu peux avoir un rapport apaisant qui se termine par un câlin sans « finir » comme on dit.
- Tu peux préférer plusieurs petits plaisirs à un grand orgasme cherché à tout prix.
Le couple qui se met une pression réciproque pour que chacun·e jouisse à chaque rapport finit souvent par avoir des rapports anxieux. Le couple qui pose comme principe « on profite, et si ça vient ça vient » a souvent plus d’orgasmes — paradoxalement, parce qu’il n’y a plus de pression. Pour comprendre l’orgasme en lui-même, on en parle dans notre section débutant·e·s.
7. Les rapports peuvent être courts (et c’est très bien)
Encore un mythe hérité du porno : un « vrai » rapport durerait 30 minutes, voire une heure. Réalité scientifique : la durée moyenne d’un rapport sexuel (préliminaires + pénétration) est d’environ 15 à 20 minutes chez les couples établis. La pénétration en elle-même dure souvent moins de 10 minutes.
Un rapport peut très bien durer 5 minutes et être merveilleux. Un autre peut durer 1 heure et être lassant. La durée n’est pas un indicateur de qualité.
Le « quickie » (rapport rapide) a même des avantages :
- Il rappelle l’urgence du désir, ce qui est excitant.
- Il s’intègre dans une vie quotidienne chargée.
- Il évite l’épuisement physique.
- Il peut être très intense émotionnellement.
Ce qui compte, ce n’est pas combien de temps tu as fait l’amour. C’est ce que tu y as vécu.
8. Le porno n’est pas un manuel
Le porno mainstream est à la sexualité ce qu’un film d’action est à la conduite : un spectacle, pas une leçon.
Voici ce que le porno te montre, qui n’est pas la réalité :
- Des corps épilés, sculptés, calibrés qui ne représentent qu’une infime partie de la population.
- Des actes qui durent indéfiniment grâce au montage et aux pauses entre les prises.
- Des positions acrobatiques qui dans la vraie vie sont inconfortables, voire douloureuses.
- Des « performances » chorégraphiées pour la caméra, pas pour le plaisir des acteurs.
- Des comportements parfois violents ou non consensuels qui sont présentés comme normaux alors qu’ils ne le sont pas.
- Aucune négociation, aucune communication, alors que la vraie sexualité en est pleine.
Regarder du porno, ce n’est pas le drame. Le drame, c’est de croire que ça décrit la sexualité réelle. Si tu cherches à reproduire ce que tu vois, tu vas être déçue — et tu vas probablement frustrer ton·ta partenaire aussi.
Il existe du porno éthique, des podcasts, des livres, des sexologues qui parlent de sexualité de façon honnête. Ce sont de bien meilleurs guides.
9. La communication compte autant que la « technique »
Beaucoup de gens cherchent « la bonne technique » pour faire jouir leur partenaire. Spoiler : il n’y a pas de bonne technique universelle. Ce qui marche avec une personne ne marchera pas avec une autre.
Ce qui marche toujours, en revanche, c’est de demander et d’écouter :
- « Comme ça, c’est bien ? »
- « Tu préfères plus doux ou plus appuyé ? »
- « Qu’est-ce qui te plaît, toi ? »
- « Dis-moi ce que tu veux que je fasse. »
- « Tu me montres ? »
Une communication ouverte vaut mieux que dix années d’expérience supposée. Les couples qui parlent de sexe ont une vie sexuelle plus épanouie que ceux qui n’en parlent jamais. Ce n’est pas un avis, c’est une constante en sexologie.
Et « parler » ne veut pas dire faire un débat philosophique. Ça peut être : « j’adore quand tu fais ça », « et si tu essayais comme ci ? », « j’aimerais qu’on ralentisse ». Des micro-phrases qui changent tout.
10. Tu peux changer d’avis à tout moment
Cette dernière vérité est peut-être la plus importante : ton consentement n’est pas un contrat signé pour la soirée.
Tu peux :
- Avoir dit « oui » au début et changer d’avis 5 minutes après.
- Avoir initié le rapport et vouloir arrêter en cours de route.
- Refuser une pratique précise tout en continuant le rapport autrement.
- Demander à faire une pause sans devoir te justifier.
- Mettre fin au rapport sans drame et sans culpabilité.
« J’ai pas envie en fait, on s’arrête là » est une phrase que tu as toujours le droit de dire. Un·e partenaire qui te respecte arrêtera immédiatement, sans bouder. Un·e partenaire qui insiste, qui culpabilise ou qui se vexe te montre qu’il/elle ne te respecte pas. Et là, c’est l’information la plus précieuse de la soirée.
La même chose vaut pour l’autre. Si ton·ta partenaire dit « stop », tu arrêtes. Tout de suite. Sans débat. C’est le minimum de la sexualité partagée.
FAQ : tes questions, des réponses honnêtes
À quelle fréquence « normale » doit-on faire l’amour ?
Il n’y a pas de fréquence normale. Les études parlent d’une moyenne d’environ une fois par semaine chez les couples établis, mais avec une variabilité énorme. Certains couples font l’amour tous les jours, d’autres une fois par mois, d’autres encore une fois par an. Ce qui compte, c’est que les deux personnes soient à l’aise avec le rythme.
Comment savoir si je suis « normal·e » sexuellement ?
« Normal » est un mot piégé en sexualité. Du moment que tes pratiques sont consenties, ne te font pas souffrir et ne nuisent à personne, tu es « normal·e ». Le spectre de ce que les gens aiment est immense. Ne te compare pas à une moyenne — elle n’existe pas vraiment.
Mon·ma partenaire a beaucoup plus d’expérience que moi. Comment gérer ?
Honnêtement : en en parlant. Dire « j’ai moins d’expérience que toi, ça me met un peu sous pression » est mille fois plus mature que de faire semblant. Un·e bon·ne partenaire prendra le temps qu’il faut et adaptera son rythme. Un·e mauvais·e te jugera — et là, tu sauras à quoi t’en tenir.
Est-ce qu’on peut « rater » un rapport ?
Non. On peut avoir un rapport décevant, gênant, peu satisfaisant. Mais « rater », non. La seule façon de vraiment rater un rapport, c’est d’ignorer le consentement ou le confort de l’autre. Tout le reste — les positions ratées, les rires bêtes, le préservatif récalcitrant — fait partie du jeu.
Faut-il varier les positions ?
Si tu en as envie, oui. Si tu n’en as pas envie, non. Beaucoup de couples ont 2-3 positions favorites et s’en contentent très bien. Varier pour varier, sans en avoir envie, n’a pas grand intérêt. La nouveauté pour la nouveauté n’est pas un objectif en soi.
Et si je n’ai pas d’envie depuis longtemps, c’est grave ?
Pas forcément grave, mais ça mérite d’être interrogé. Causes possibles : fatigue chronique, stress, dépression, problèmes de couple, effets secondaires de médicaments, changements hormonaux, traumatismes anciens. Si ça te pèse, parle-en à un·e médecin ou à un·e sexologue. Si ça ne te pèse pas, c’est ok aussi — la baisse de libido n’est pas une maladie en soi.
Pour aller plus loin
- Comment se masturber pour la première fois — la base pour mieux connaître ton corps.
- Catégorie « Sexe version débutant·e·s » — tous nos guides sans pression.
- Choisir son premier sextoy — un outil de connaissance de soi sous-estimé.
Le mot de la fin.
Faire l’amour, ce n’est pas exécuter un programme. C’est partager quelque chose. Le reste, c’est de la pression mal placée. Et tu as bien le droit de la déposer, là, maintenant.
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