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Pourquoi on simule ? Une sexologue démonte quelques mythes

Pourquoi tant de personnes simulent encore l’orgasme ? Que révèle ce geste sur notre rapport au sexe ?Nous avons posé la question à une sexologue clinicienne, spécialisée en éducation sexuelle inclusive. Orgasmez-Vous! : Est-ce qu’on sait combien de personnes simulent ? Les études varient, mais on estime que plus de 70 % des femmes ont déjà simulé au…


Pourquoi tant de personnes simulent encore l’orgasme ? Que révèle ce geste sur notre rapport au sexe ?
Nous avons posé la question à une sexologue clinicienne, spécialisée en éducation sexuelle inclusive.


Orgasmez-Vous! : Est-ce qu’on sait combien de personnes simulent ?

Les études varient, mais on estime que plus de 70 % des femmes ont déjà simulé au moins une fois. Chez les hommes, c’est moins souvent avoué, mais les chiffres tournent autour de 25 à 30 %. Donc oui, c’est très courant. Et ce n’est pas réservé aux films X.


Pourquoi on le fait ?

Il y a plusieurs raisons, souvent imbriquées :

  • Pour écourter : “C’est long, je suis fatigué·e, je veux que ça se termine.”
  • Pour rassurer : “Je ne veux pas que l’autre se sente nul·le.”
  • Par réflexe : on a appris que c’était “comme ça” que ça devait se finir.
  • Par peur : dire qu’on n’a pas joui, c’est parfois prendre un risque émotionnel.

Mais dans tous les cas, on simule quand il y a une pression. Celle de devoir être performant·e, réactif·ve, disponible, ou excitant·e.


Est-ce toujours un problème ?

Non. Il faut arrêter de diaboliser la simulation. Certaines personnes savent très bien ce qu’elles font, en conscience, et choisissent de simuler comme on choisirait de sourire poliment à la fin d’un rendez-vous.

Le problème, c’est quand ça devient un automatisme, ou un passage obligé dans la sexualité. Là, ça crée du faux : un faux plaisir, une fausse communication, un faux modèle.


Est-ce qu’on peut s’en libérer ?

Oui, mais ça demande d’oser changer le script. Ça peut passer par :

  • se donner le droit de ne pas jouir,
  • mettre des mots sur ce qu’on ressent, même si ce n’est pas l’extase,
  • accepter les silences, les doutes, les lenteurs.

Et surtout : sortir de l’idée que “l’orgasme est le but”. Il peut être une cerise sur le gâteau… mais pas le seul critère de réussite.


Un conseil à quelqu’un qui simule encore souvent ?

Demande-toi : à qui tu rends service ? Et à quel prix ?

Et souviens-toi que ton corps n’a pas besoin de mentir pour être digne d’attention. Il a juste besoin d’être écouté. Même s’il est lent, silencieux, ou confus.

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