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Sexe après trauma : reprendre confiance, à son rythme

Introduction Quand on a traversé un trauma sexuel — agression, abus, inceste, coercition, médicalisation violente — la sexualité ne disparaît pas.Mais elle peut devenir floue, douloureuse, inaccessible, ou source d’angoisse.Et ce n’est pas parce qu’on en “réchappe” qu’on sait automatiquement comment reconstruire un lien érotique avec soi ou avec l’autre. Cet article ne prétend pas…

Introduction

Quand on a traversé un trauma sexuel — agression, abus, inceste, coercition, médicalisation violente — la sexualité ne disparaît pas.
Mais elle peut devenir floue, douloureuse, inaccessible, ou source d’angoisse.
Et ce n’est pas parce qu’on en “réchappe” qu’on sait automatiquement comment reconstruire un lien érotique avec soi ou avec l’autre.

Cet article ne prétend pas guérir. Il propose des repères pour retrouver un rapport au corps et au plaisir qui soit vraiment à vous, sans pression, sans injonction, sans violence. Avec lenteur. Avec soin. Avec votre propre tempo.


Ce que dit la recherche sur sexualité et trauma

  • Environ 1 personne sur 5 vit un trauma sexuel au cours de sa vie (OMS, 2021)
  • Les effets peuvent inclure perte de désir, douleurs, flashbacks, dissociation, évitement, hypervigilance (van der Kolk, 2014)
  • Mais de nombreuses personnes retrouvent une sexualité satisfaisante, à condition que la sécurité, la lenteur et l’autonomie soient prioritaires (Basson, 2000 ; Courtois, 2010)
  • Il est fréquent que la sexualité post-trauma prenne une forme non linéaire, créative, mentale ou sensorielle

La question n’est pas “comment redevenir comme avant”, mais comment (re)devenir soi, avec un corps et un désir réhabités.


Ce qui peut bloquer (et c’est OK)

Frein fréquentPourquoi c’est compréhensible
Je veux mais je ne peux pasLe désir peut être là, sans l’élan corporel. C’est une dissociation fréquente.
Je n’aime pas être touché·eLe corps garde des traces. Certains gestes deviennent des alarmes.
J’ai des flashbacks en plein acteLe trauma surgit souvent là où le corps redevient vulnérable.
Je ne sais plus ce que j’aimeLe plaisir a été confondu avec la peur, ou utilisé contre vous.
J’ai honte d’en parlerLa honte est un mécanisme appris. Ce n’est pas la vôtre.

Vous n’êtes pas seul·e. Et vous n’avez rien à “réparer”.
Vous avez juste à être cru·e, respecté·e, et libre de dire “pas maintenant”.


Reprendre contact : des pistes douces, à votre rythme

🔹 1. Revenir dans le corps sans objectif sexuel

Danser seul·e, se caresser sous la douche, porter un tissu agréable, respirer profondément.
C’est déjà une forme de réappropriation.

🔹 2. Explorer le “plaisir de non-réaction”

Toucher une zone sans devoir en tirer un effet. Juste être là, avec.
Nommer : “je touche, je sens, je respire”.
Ça recrée du lien sensoriel sans attente.

🔹 3. Utiliser des objets ou supports indirects

  • Plumes, tissus, huile chaude
  • Sextoy tenu à distance (pas dans la main)
  • Miroir : voir, nommer, imaginer

Cela permet de maîtriser l’intensité, la direction, le rythme.

🔹 4. Formuler des phrases de cadre, même seul·e

“Je peux m’arrêter à tout moment.”
“Ce corps est le mien.”
“Je choisis. Je sens. Je respire.”
Poser une structure verbale sécurisante avant d’explorer peut éviter la réactivation.


Avec un·e partenaire : ce qui change tout

  • Nommer les limites, les peurs, les signaux d’alarme
  • Privilégier la lenteur + check-ins fréquents : “Tu veux que je continue ?” / “Ça va ?”
  • Être prêt à ne rien faire si c’est ce qui est juste
  • Éviter les rôles figés, les attentes de performance
  • Accepter que le plaisir passe par l’écoute, la connexion, et parfois par le silence

Ce n’est pas au partenaire d’être “le sauveur” ou “le thérapeute”.
Mais de devenir un espace où vous pouvez être vous, sans avoir à justifier.


Outils de soutien ou d’exploration douce

ProduitPour quoi faire ?
Wand à intensité réglableStimulation douce, contrôlée, pas invasive
Cartes “plaisir / inconfort / neutre”Communication avec partenaire sans verbalisation lourde
Lotion corps + rituel sensorielRevenir au corps, sans sexualiser
Miroir personnelReconnexion visuelle, respect du rythme
Bandeau, écouteurs, ASMRCréer une bulle de sécurité perceptive

Ce n’est pas un “retour à la normale”. C’est un nouveau départ.

Il n’y a pas d’obligation d’aimer ça.
Pas de moment “où ça doit marcher”.
Pas de forme “valide” de sexualité à retrouver.

Il y a juste vous, votre tempo, votre corps, votre non, votre éventuel oui.
Et la possibilité, un jour, de ressentir que c’est vraiment vous qui choisissez.


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